Dao 貫道

Death of a dog, Ikuan-Dao Xinling-Shi, November 30th 2019
The greatest sorrow.

Also fragen wir beständig,
Bis man uns mit einer Handvoll
Erde endlich stopft die Mäuler –
Aber ist das eine Antwort?

Heinrich Heine, Zum Lazarus, 1854

17 décembre 2019
“Lettre de Gratitude”

Mon Dao, ça fait deux semaines que tu es parti. Tu n’avais que 10 ans et 8 mois, beaucoup trop jeune pour mourir. Tu es mort dans nos bras, on te tenait jusqu’à la fin et on te parlait. Ensuite, A. t’as enterré au jardin dans un bel endroit. On a déposé des objets près de toi, le drap d’A., tes anciens jouets, des poils de tes sœurs et ma queue de cheval coupée il y a déjà quelques années. Je t’aimais plus que tout au monde, plus que personne d’autre. Mon babydao. Tu m’as donné tellement de bonheur, et ensuite, tellement de frayeurs et d’émotions quand tu es tombé malade. Tu nous a rapprochés, ton daddy et moi. Le jour de ta mort, j’ai beaucoup pleuré, de tristesse, mais aussi de bonheur, de te savoir pour toujours près de nous, dans la terre, entre rivière et forêt, entouré de nature, accompagné par les chèvres et les oiseaux.

Quand tu es parti, je suis arrivée chez moi, chez nous. Tu me lies à cet endroit. C’est ici que tu as vécu trois années difficiles pour moi, et même horribles. Je te demande pardon pour avoir été aussi malheureuse, alors que tu étais encore en vie, auprès de moi chaque jour. Je te demande pardon pour les longs mois d’hospitalisation qui m’ont éloigné de toi. J’étais tellement heureuse de te retrouver quand je suis rentrée. Tu avais l’air heureux aussi.

Ton départ m’a plongé dans un deuil. Je pleure pour toi chaque jour. Ce deuil annihile ou en tout cas recouvre tous les deuils précédents, les rend si insignifiants. Tu m’as appris à aimer chaque instant passé ici, avec tes sœurs, avec A. Tu m’as rattaché à moi-même. Tu m’as redonné le goût de la vie. C’était déjà le cas pendant les derniers mois de ta vie. Chaque jour en ta présence était comme un cadeau. Je te regardais tout le temps. Je t’embrassais, même mort allongé parterre.

J’ai eu peur de ta disparition dès le jour où tu es arrivé chez nous. J’avais peur et la certitude que ton décès allait me détruire. Faire remonter tout le reste. Mais il n’en est rien. Ta mort m’a donné de la force. L’envie de vivre. Je ne te le rendrai jamais assez. Merci mon Dao. Merci mon gros bébé. Merci mon gros pépère.

Je ne t’oublierai jamais.

https://ikuandaoxinlingshi.blogspot.com/