Orties

Presque Septembre. Dans un mois et demi, le soleil va quitter la vallée jusqu’en mars. L’hiver par ici, c’est vraiment l’hiver, froid et humide et surtout, sans soleil. J’ai beaucoup de mal avec ça. Mais c’est la nature. La nature, elle s’en fout. Elle vit avec ou sans le soleil. Et moi, je fais partie de la nature. J’ai tendance à l’oublier. Nous avons tous tendance à l’oublier.

Je travaille de plus en plus dehors, sur le terrain. J’arrache des orties, avec les racines, et je découpe des chardons. Je dois porter des gants épais et j’utilise un couteau de cuisine. Au début, les piqûres d’orties étaient très désagréables, je developpais même un eczéma. Maintenant, j’y suis habituée. J’aime bien cette sensation de brûlure, ces picotements…

Arracher des orties est une tâche répétitive mais étrangement agréable. Ça me calme. Chaque racine que j’arrache me donne un peu plus de sérénité. Les moutons me rejoignent quand je suis occupée. Surtout Daphne, la grande timide. Ils refusent de manger les orties, mais une fois arrachées ou coupées, ils aiment bien.

Charlotte n’est jamais loin non plus. Elle adore les câlins. Je donne des morceaux de pommes à Doris tous les jours. Parfois des bouts de prunes ou de pêches. Charlotte préfère l’ananas et les bananes.

Les moutons aiment les fruits. Comme nous.

You could trust nature but not man

Harlan Coben